mardi 31 octobre 2006
S'expatrier
La journee avait deja mal debute: toujours pas d'internet au reveil-damned, suivi d'une mega boulette que je vous raconterai demain. Elle avait mal continue, la faute a ces imbeciles qui avaient cru bon de decorer la cantine pour Halloween: "tu feras attention, tu as une araignee en plastique qui vient de tomber dans ta puree" ou "attends attends, tu t'es accroche dans la fausse toile d'araignee geante". Et puis, sur les coups de 3.00 pm, on avait decide de m'achever. Voila qu'en ouvrant ma boite mail, je tombe sur un courrier de mon boss "descends dans mon bureau, je veux te proposer de rester en PhD" (en resume hein). Bien evidemment mon estomac n'a pas attendu la fin du mail pour se rouler en boule, et mon cerveau est parti automatiquement en mode errance.
Donc je descends, on discute
lui: "qu'est ce que tu voudrais pour rester en PhD ici?"
moi: "oula, nan mais je sais pas en fait, je voudrais partir bosser en industrie, mais plutot du cote de la R et D"
lui: "oui mais pour aller en R&D tu auras besoin d'un PhD"
moi: "oui mais en fait, je comptais plutot chercher en Europe, essayer de me rapprocher de la famille tout ca"
lui: "oui oui, mais si tu restes ici, dans deux ans tu as fini, tu diplomes de ton PhD, Etienne idem. Ca vous evite de galerer en rentrant en France pour trouver un truc dans des villes proches, et puis de recommencer quelque chose d'autre qui vous ajoute encore 4 ans"
moi: "nan mais en fait, je veux pas rester bosser sur ce projet, ca me plait pas, je prefere travailler cote bio, medecine tout ca"
lui: "ca tombe bien, je suis en train de me reorienter cote biologie-medecine, je peux te proposer plusieurs projets"
moi: "nan mais en fait, jeeuh, enfin, tu vois, c'est plutot, enfin comment dire, ce que je voudrais plutot..."
lui: "bon on en reparle dans quelques semaines, je te proposerai plusieurs trucs"
Sortie du bureau, premier reflex: manger. Un paquet de M&M's avale en un temps record sous l'effet du stress.
Second reflex: aller voir l'homme. Au secours, c'est trop dur, c'est pas juste, j'avais tout planifie, tout prevu, on rentrait en France dans 7 mois, on trouvait du boulot, adieu la these, bonjour l'industrie. Qu'est ce qu'on fait? T'en penses quoi, hein dis, t'en penses quoi?
Donc voila, je suis flattee par l'offre et desesperee de remettre tous les compteurs a zero et de recommencer a cogiter. Comme d'habitude je suis partagee, et si je continue a devoir prendre de telles decisions, je vais finir par me dechirer net.
Un PhD dans deux ans c'est tentant parce que j'aimerais bien commencer un jour a vraiment gagner ma vie, m'installer pour du vrai, commencer une famille, et tout ca plutot dans quelques annees que dans une decennie. Mais de 8 mois en deux ans, on en arrive a quatre ans d'expatriation, et...
et les soeurs grandissent, passent le brevet, le bac, le DEUG, les cousins se marient, font des enfants, les parents font des projets, achetent des maisons, les grands-parents vieillissent, les amis avancent, s'eloignent... de l'autre cote de l'Atlantique.
Pas facile
[Heureusement, j'ai encore 5 saisons d'Ally McBeal a regarder pour me changer les idees. C'est super vieux comme serie, mais j'adore; l'Homme se marre a chaque episode et commence a se prendre pour John Cage, ca fait du bien au moral tout ca :) ]
lundi 30 octobre 2006
S'envoler
Un vent a décorner les taureaux (c'est ça qu'on dit?), un froid bien mordant, une pluie diluvienne, tout le week-end
Soleil magnifique ce matin, températures très douces, le temps de la Nouvelle-Angleterre ne cesse de m'étonner
50 pertes d'électricité dans la journée de samedi, internet envolé (comme les dernières feuilles sur les arbres d'ailleurs) dés samedi après-midi; a chaque intempérie, je m'étonne de la vétusté des installations électriques locales
jeudi 26 octobre 2006
S'y lover
Drole de suplice que de remettre des chaussures fermees a la fin de l'ete. Les ongles peints, les orteils bronzes, les pieds emoustilles d'avoir fraye dans le sable, l'eau et le soleil pendant plusieurs mois. Et voila qu'on veut les enfermer a nouveau a l'abri de la lumiere, au chaud dans des chaussettes, coinces entre quatre murs.
A peine se remet-on de ce premier drame saisonnier que le deuxieme pointe le bout de son nez: remettre un manteau. Et bientot viendra le troisieme: partir travailler alors qu'il fait encore nuit et revenir du boulot a la nuit tombee... quoi? il a fait jour aujourd'hui? mais c'est un scandale, depuis combien de temps me cache t'on la verite?
J'aimerais cette annee ne pas subir le changement de saison, ne pas attendre anxieusement que repoussent les premieres feuilles. Pour voir arriver l'hiver en douceur, j'ai donc decide de
- me bichonner, et ce meme si le front est la seule partie de mon anatomie qui sera bientot visible aux vu et au sus de tous. Donc je continue a peindre mes orteils en rouge-bordeaux, et je decore mes mains de rose pale.
- faire des projets d'hiver, mes cadeaux de Noel par exemple. J'aimerais bien cette annee offrir "home made" (des photos?) et "local" aussi (des bijoux amerindiens?)
- cultiver un jardin interieur. Vous verriez notre appart en ce moment, il y a des fleurs dans chaque piece! Une citrouille, du basilic, du thym, des roses, des oeillets, des glaieuls
- reinstaurer des traditions de saison: le the bouillant et les gateaux a la cannelle, les seances de cinema, les repas gargantuesques (j'ai encore demande a ouvrir le confit de canard ce soir mais pas moyen, l'Homme guette, attend le jour ideal)
- ramener la lumiere a l'interieur. J'allume des jolies bougies (inodores hein, je suis pas tres fan des odeurs tenaces cerise ou noix de coco) et puis des petites lampes pour oublier que dehors, depuis trois heures de l'apres-midi, il fait nuit noire...
Et vous, vous avez des recettes hiver-douceur?
[A l'heure ou je vous parle, il a deja neige dans le nord de l'etat, hum...]
mardi 24 octobre 2006
Et le mot de ce soir est...
cabanerie! Pour expliquer ce mot, mettons-nous en situation.
Ce matin, reveil difficile mais somme toute rituel d'un lundi matin. Arrivee au radar dans la douche, les vapeurs commencent a m'envelopper, je sors lentement de ma torpeur lorsque j'entends un "toc toc" a la porte puis deux, trois. Un brin agressive, je m'egosille pour couvrir le bruit de la douche "Quooooiii?" Et j'entends derriere la porte la voix de mon Homme "euh, je viens de me rappeler la, j'ai un meeting dans dix minutes, il faudrait que tu m'emmenes"... [joie de la nana du lundi matin qui va devoir abreger sa douche!]... Oublier un meeting le lundi matin est donc une cabanerie.
Mais sachez qu'une cabanerie n'arrive jamais seule. Donc ce matin je m'installe en classe de biochimie, cours que nous suivons l'Homme et moi depuis environ deux mois. Le cours commence, et je me fais la remarque qu'Il a decide d'etre en retard pour le reste de la journee. Quand a la fin du cours, je constate le siege voisin desesperement vide, je me dis que le fameux meeting a du s'eterniser. Mais quand je demande a mon Homme dix minutes plus tard pourquoi la reunion a ete si longue, et qu'il me repond vaguement ennuye "ah non en fait le cours, euh, j'ai juste oublie", je me dis deux cabaneries en moins de deux heures, la journee va etre longue!
En tous cas, nous ne voyons pas d'autres explications
Note: pour ceux qui se demandent ou j'ai ete cherche "cabanerie", imaginez une construction en bois dans une foret, et vous avez trouve le nom de famille de mon Homme!
lundi 23 octobre 2006
Pumpkins
Donc nous sommes alles au Keene Pumpkin Festival samedi soir, comme l'annee derniere. Dans la voiture, je me souvenais comme, un an auparavant, nous avions quasiment geles sur pieds. Pour tout souvenir, mon homme a evoque la pomme de terre chaude couverte de salsa qu'il avait devore... mouais!
Pas de patate (je hais ce mot) cette annee, mais toujours de beaux specimen de citrouilles. Keene n'a pas battu son propre record du monde de 28,000 "jack'o lantern". Boston, inspire par la bonne idee, organise depuis quelques trois ans son propre festival, et de fait a battu cette fois le record de Keene.
samedi 21 octobre 2006
Ou il est question de permanente
La kératine, ça vous dit quelque chose ? Il s’agit d’une protéine que l’on trouve notamment dans les ongles, les cheveux et les cornes des animaux.
Si vous étiez amené à regarder cette protéine sous un microscope, vous verriez une sorte d’échelle : deux brins de molécules (les montants de l’echelle) reliés entre eux par ce qu’on appelle des ponts disulfures (l’equivalent des barreaux de l’echelle). Ca ressemble un peu à ça :
Chaque brin de molécule possède des atomes de soufre qui sont reliés entre eux par une liaison. Ces liaisons établissent donc un pont entre chaque brin de molecule, c’est un pont disulfure.
Alors que fait-on quand on fait une permanente ?
* On commence par vous faire une petite réaction chimique sur la tête ! On dépose en fait un produit qui va casser les ponts disulfures dont on a parlé plus haut. Après réaction, les deux brins de molécules sont donc indépendants l’un de l’autre, les soufres sont toujours présents, mais ils ne sont plus liés entre eux.
* Donc on laisse agir un peu le produit, et puis on rince, et on démarre la mise en forme : on enroule les cheveux autour de bigoudis. Au niveau moléculaire, on déplace les deux brins de molécules (imaginez qu’on fait glisser les deux montants de l’échelle) de telle sorte qu’un atome de soufre n’est plus en face du même atome qu’initialement.
* Une fois tous les cheveux enroulés, on applique un autre réactif, et hop, c’est parti pour une seconde réaction chimique ! Cette fois, on force les ponts disulfures a se former. Seulement comme on l’a dit précédemment, chaque atome de soufre est en face d’un nouveau voisin ; les liaisons s’établissent donc dans la configuration du cheveu imposé par les bigoudis.
* Après rinçage et séchage vous voilà donc avec les cheveux frisés.
Bien sûr, quand les cheveux repoussent, ils le font dans leur configuration naturelle. C’est la raison pour laquelle une permanente ne l’est pas vraiment !
Une petite anecdote pas glamour en passant, le produit qui casse les liaisons disulfures est ce qu’on appelle un mercaptan. C’est un réactif qui pue férocement et que l’on ajoute au gaz naturel, naturellement inodore. Grâce a lui, impossible de ne pas détecter une fuite !
NB: Norette, petite surprise pour toi la
vendredi 20 octobre 2006
On parle toujours cheveux...
Voila, pour nous qui nous pleignions pas plus tard qu'hier de nos cheveux trop ceci ou pas assez cela, de quoi nous faire mediter. La video est realisee par Dove qui fait campagne aux US pour la "vraie beaute" et qui denonce donc les pratiques douteuses du monde publicitaire.
[C'est a se demander pourquoi ils ont encore besoin d'un modele!]
C'est DelphinE qui a trouve cette video fascinante que je me permets de relayer ici.
mercredi 18 octobre 2006
C'est pas simple
Je reverai d'avoir des cheveux fins, qui tiennent tout seuls, bien droits, que je puisse porter detache toute la journee... bon c'est pas mon reve ultime non plus hein, mais dans les trucs girly, celui-ci est assez haut place.
Au lieu de ca, j'ai une veritable criniere que j'essaye de dompter tant bien que mal dans une queue de cheval; l'elastique ote, au revoir Marine, bonjour le Roi Lion (attention hein j'aime bien le roi lion, mais plus a la tele que sur ma tete)
Bref, donc voila question volume je suis servie, pas de doute la-dessus.
Une super astuce, c'est la permanente. N'ouvrez pas des yeux grands comme des soucoupes, je vous explique. Je me fais faire ponctuellement des grosses boucles qui donnent un peu de gueule a l'ensemble. Le volume est toujours la, mais ca part moins dans tous les sens disons. Le petit souci de la permanente c'est que ca s'evanouit pffutt, mais pas egalement. Donc en ce moment c'est carrement nawak, j'ai 1/3 de boucles, 1/3 de cheveux souples, 1/3 de frisottis... c'est la joie!
Comme je suis une fille pleine de ressources, hop seconde astuce, j'ai achete un fer a lisser. "Ouais, c'est trop bien cet appareil, ca fait des cheveux tout raides en 15 minutes", ca c'etait les premiers temps. Maintenant c'est plutot, "ah ce truc de m..., ouais si t'as une heure devant toi ca peut te rendre service"
Autre souci, le sechage. L'ete pas de probleme, je lave et ca seche quand ca peut. Seulement voila, l'automne commence a bien s'installer dans nos contrees. Quelque 1 degre ce matin, d'ici quelques mois la moindre goutte d'eau ne sera plus qu'un bloc de glace, donc on oublie le "sechage quand ca peut". Sort ton seche-cheveu donc qui te fait en moins de 10 minutes une criniere a faire palir de jalousie le plus fourni des rois lion.
Et la, tel que vous me lisez vous vous marrez, je le sais, mais attendez de lire la suite.
Parfois sous l'effet d'une curieuse pulsion, je decide de me rendre chez un coiffeur (alors que je sais ce qui va se passer, je le sais tres bien meme) en me disant que le jour de ma redemption capillaire a sonne. Ce jour-la est plus generalement celui de mon suicide lookeux d'une part, et d'une bonne dose de honte d'autre part.
En effet, la coiffeuse, qu'elle soit francaise, americaine ou polonaise semble ne jamais avoir vu de toute sa carriere des cheveux epais et nombreux. Certes, voir debarquer dans son salon le roi lion est peu banal, mais quand meme. Donc regulierement, une fois que la dite coiffeuse a ote mon elastique, elle se sent obligee de rameuter toutes ses copines au-dessus de mon crane... un vrai phenomene de foire je vous dis. Bon les premiers temps, on se ratatine sur son siege, morte de honte, en essayant d'eviter les regards intrigues des autres clientes. Avec le temps, on se dit que "merde j'ai pas la peste a la fin, j'ai juste des cheveux, un peu beaucoup, c'est tout". Donc on se redresse dans son fauteuil, et puis on laisse passer, apres quelques minutes de "Monique viens voir ca, c'est inoui ce qu'elle a comme cheveux la petite", ca se calme et on passe enfin a la phase coiffure. Attention, la phase epatement revient au galop au moment du sechage de cheveux, mais la je me marre (sous cape) parce que ca ressemble plutot a "Monique, tu veux pas venir faire le brush' de la petite la j'en peux plus moi" mmmhhh mwahaha
Mais croyez moi, la rigolade ne dure qu'un temps, parce-que rares sont les coiffeuses/artistes qui savent faire quelque chose avec mes cheveux. En sortant, je suis souvent super emballee: "yahoo, je ressemble a Jennifer Aniston, c'est genial, merci la coiffeuse". Et trois jours plus tard, apres m'etre lave les cheveux, c'est plutot, "yahooo la coiffeuse, merci, j'avais vraiment besoin d'un nouveau challenge de domptage d'animaux sauvages"...
Pourquoi je vous raconte tout ca? Parce-que je suis en train de me dire que je retournerai bien faire un tour dans cette antre du demon un de ces jours. C'est plus fort que moi hein, j'ai beau savoir que ca sert a rien, enfin pas plus de deux jours tout ca, bin j'ai quand meme envie d'y retourner.
Bon et puis du coup, ce week-end, j'ai decide de vous parler des chimisteries du cheveu "pour enfin savoir comment en faire ce que tu veux"
mardi 17 octobre 2006
Des conseils, anyone?
Alors voila, je serai selon toute probabilite sur le marche du travail en juillet prochain. J'ai donc deja commence a me renseigner, regarder ou j'aimerais travailler etc. Mon seul petit souci c'est que je ne sais pas trop quand est-ce que je devrais commencer a envoyer des candidatures.
J'ai l'espoir fou de trouver avant meme de rentrer (ca serait vraiment top je dois dire) alors je me tate, novembre, janvier, mars, mai? A votre avis?
Bon et puis tant qu'on y est, j'ai fait mon CV ce week-end, mon premier de "grande", avec ecrit ingenieur dessus (je crois que je ne realise pas encore vraiment d'ailleurs, mais bon...), donc la aussi si vous avez des conseils de quelque ordre qu'ils soient, c'est la que ca se passe!
EDIT: j'ai degage le lien vers mon CV puisque suite a vos commentaires, je suis deja en train de le refondre totalement. Prc contre, si vous avez des conseils quant aux dates d'envoi, je suis toujours preneuse...
lundi 16 octobre 2006
Vermont
Quelques petits mots de notre escapade dans le Vermont.
Je ne rejouerai pas au petit jeu de la derniere fois, c'etait donc superbe... rural, mais superbe.
Imaginez un peu: le New-Hampshire et le Vermont ont des superficies equivalentes, mais il y a moitie moins d'ames dans le Green Mountain state qu'ici. Dorenavant, je cesse donc de me plaindre; finalement, nous ne sommes pas vraiment a la campagne!
Ceci dit, nous sommes tombes sous le charme des paysages tranquilles, des villages accueillants ou il flottait une douce odeur de feu de bois.
On a donc decide d'y retourner en hiver, en esperant cette annee pouvoir profiter d'un vrai bel hiver plein de neige (il est deja tombe 20cms de neige a Buffalo, on est donc bien parti...) et de tester le trajet en train a travers l'etat, une auberge chaleureuse, et les specialites locales a base de sirop d'erable.












